Affichage des articles dont le libellé est 1am. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1am. Afficher tous les articles

lundi 10 décembre 2012

Écrire (1)

J'ai voulu écrire mais il y avait pas le crayon avec lequel j'écris d'habitude dans le carnet dans lequel j'écris d'habitude. C'est un crayon pareil comme tous mes autres crayons alors j'en ai juste pris un autre dans le tiroir. J'écris toujours en bleu, parce que le noir ça manque d'humanité et que le reste ça fait pas sérieux. Le bleu c'est une valeur sûre de toute façon, et puis j'ai aucun intérêt à vouloir imiter une imprimante au laser. J'écris pas tant que ça au fond. Seulement, j'ai une tonne de lieux d'écriture. D'abord mes carnets, mes journaux. Et puis ma passion pour les blogues. Qui parlent de tout et de rien, ou qui ne parlent pas. On dit que se taire c'est autant que dire; pourtant dans le silence on entend n'importe quoi, et surtout ce qu'on veut bien entendre. Est-ce que c'est par peur de leurs propres pensées que les gens s'entassent un peu plus chaque jour dans des villes surpeuplées et bruyantes? Tout ce vacarme qui se veut vie mais qui est en fait le bruit des aspirations broyées sous la dent de la monotonie. Le bruit comme éloignement de la vie, comme gouffre où les connections se brouillent et s'épuisent. Le bruit qu'on produit, jour après jour, pour se réconforter, se rappeler qu'on s'écoutera pas penser.
Et les années qui passent.
Quand le silence vient c'est une révélation, ce silence contre lequel on s'est pourtant tellement esquinté. Le silence c'est le degré zéro de la vie parce qu'il nous permet d'être et que de n'être. De n'être qu'être.
Si tu penses que le contraire de la vie c'est la mort, tu te trompes, c'est le bruit. Si tu penses qu'écrire c'est un acte de silence, entend-moi bien crier.

dimanche 3 avril 2011

cette photo

Cette photo… tu te souviens?

J’avais cherché pendant des semaines le cadeau idéal. Traîneau à chien ce serait. Faire les réservations. Quoi mettre sous le sapin? J’avais fait un de mes horribles dessins que tu aimes tant, où nous glissions à travers la forêt tirés par nos chiens-qui-avaient-l’air-de-chats. Bon ok, t’avais pas compris du premier coup. C’est vrai que ces chiens, ils avaient pas l’air de chiens. D’un coup ton regard s’était éclairé. J’étais si contente à l’idée de t’offrir une balade inoubliable!

Le jour venu, nous nous étions levés tôt. À Saint-Sauveur, nous nous étions arrêtés à l’épicerie pour acheter quelque chose à grignoter. J’avais pris des berries et du Brio, t’avais trouvé ça dégueulasse, tu te souviens? Comme d’habitude, j’étais stressée, j’avais peur d’arriver en retard, mais on était arrivé à l’heure. Il faisait gris, il faisait doux, il ne neigeait pas. Les chiens hurlaient, c’était un peu effrayant, mais les gens étaient chaleureux, il y avait aussi ces Allemands avec qui tu avais jasé. Après une courte pratique on s’était élancé sur les pistes. Mes chiens étaient beaucoup trop agités, ils tiraient même quand on devait arrêter, je n’étais pas assez lourde pour les freiner! Et toi, tu en avais perdu un, juste comme ça, en plein milieu du parcours.

Cette photo, nous l’avions prise quelques minutes avant, avec les derniers soubresauts d’énergie de ta caméra. Regarde comme on sourit! Elle est mal cadrée, nous dans un coin, la forêt au milieu, et un bout de traîneau à gauche. C’est tout de même une de mes préférées. L’ivresse de la course avait teinté nos joues d’un bonheur simple et contagieux.

On était rentré au bercail, épuisés. La nuit était déjà tombée. Après, je ne me souviens plus.

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Plus d’un an s’est écoulé depuis cette journée.

Pas un jour ne passe sans que mon regard n’effleure toutes ces photos de nous, tous ces sourires, ces grimaces, ces petits évènements qui ont marqué notre histoire. Pour chacun que nous avons immortalisé, combien de ces moments y a-t-il eu?

Je voulais seulement te glisser un mot sur cette photo de nous, en ce jour d’hiver, où nous étions heureux, et te dire que je pense à toi.

samedi 16 octobre 2010

Bonne nuit

Quoi de mieux comme mot d'introduction que ces simples paroles qui résument si bien mon état d'esprit:

Well, it’s one in the morning and i can’t sleep at night
I hear wolves around the doorstep
They’re circling outside
I count ‘em jumping over fences, and landing on the sheet
Now, it’s two in the morning and I can’t fall asleep

(M. Ward, Four hours in Washington)

Il est étonnant de constater qu'en dépit de la diversification des rythmes de vie, il est toujours impossible d'écouter de la télévision de qualité à cette heure avancée. Les journaux ne sont pas encore sortis. Les gens dorment. Et c'est vraiment pas comme si j'avais envie d'étudier.

Qu'est-ce qu'on fait quand on n'arrive pas à dormir, systématiquement, nuit après nuit, pendant plusieurs semaines? On devient fou? Ou peut-être zombie? Peut-être les troubles prennent-ils une forme plus sournoise, comme un manque d'appétit, ou une impatience crasse...

Et on cherche à s'occuper, sans faire de bruit pour ne pas réveiller les guidounes du sommeil, ceux qui l'ont facile. On creuse et on creuse, mais forcément on ne trouve pas. Et bien évidemment ces efforts mentaux ont pour effet de perpétuer l'état de veille. Même quand on pense à dormir on pense trop pour le faire.

Alors on retourne s'allonger.

On fixe le plafond.

On se chante une chanson.

On compte les moutons, les chèvres et les choux.

On fait des concours d'immobilité avec soi-même. Le premier qui regarde l'heure perd.