jeudi 16 juin 2011

tout le monde parle toujours tout seul dans la salle du photocopieur

-Bon! c’est encore raté.


-Encore une copie tout croche! Manquait juste ça! Comme si j'avais pas ça, moi, des deadline...

-Ah… ah c’est dans ce sens-là que ça va…

-Brocheuse, brocheuse…? Brocheuse…!

-Coudonc, y’a jamais personne qui remplit le papier? Pis regarde-moi ça toutes les feuilles qui traînent, franchement!

Ces mots vous semblent familiers? Peut-être les avez-vous déjà entendu des dizaines de fois, presque par mégarde, en allant recueillir vos fraîches impressions. Peut-être les avez-vous même déjà proférées vous-même?

Tels des couteaux, les insultes volent bas lorsqu’il s’agit du photocopieur. Jamais les copies ne sortent assez vite, ou bien brochées, ou encore l’écran malveillant vous indique un millième « paper jam ». Vous devez alors choisir entre partir à la recherche de l’employée attitrée aux problèmes techniques ou tenter votre chance à plonger vos mains au cœur de la bête. Alors, impatient, vous abreuvez votre adversaire d'invectives qui sont aussi acerbes que vaines et qui au final ne font que nourrir votre suspicion envers l'électronique.

Mais d’ailleurs, qu’est-ce qui pousse tout utilisateur de ladite machine à exprimer ses doléances à haute voix? Serait-ce par besoin de réconfort face à la monstrueuse déshumanisation du travail de bureau? Ou plutôt exprime-t-on notre peur secrète d’être mal compris par nos collègues et jugé comme un vulgaire incompétent? Après tout, si n’importe quel individu issu de la génération 80 peut faire fonctionner ce truc, pourquoi pas un bon vieux fonctionnaire d’expérience? … susurrez-vous entre vos dents lorsque du premier coup le nouveau de la comptabilité, fraîchement sorti du cégep, réussit une photocopie recto-verso brochée en cahier avec en prime une réduction de quatre-vingt-cinq pour cent. Quatre-vingt-cinq pour cent!

De dépit, vous vous rabattez sur la machine à café. Celle-là, au moins, vous la connaissez de fond en comble. Combien d’heures gaspillées à faire croire à votre boss que vous cherchez un dossier aux archives, alors qu’en fait vous échangez avec Raymond des ressources humaines sur les scores de hockey en sirotant un capuccino à la vanille!

…Mais… C’est qu’ils l’ont changée, cette machine! C’est où qu’on met le 2$, maintenant? À moins que… Ben voyons, c’est quel piton, le capuccino? Pis c’est quoi ça, un chai latte?...


jeudi 26 mai 2011

Une marche

Il inspira profondément et prit son élan. Une jambe fut lancée à travers l’espace : atterrissage parfait. L’autre suivit aussitôt. Prenant de l’assurance, il recommença. Bientôt ce ne fut plus qu’une routine. Les pas qu’il égrenait le long du trottoir produisaient un son mat qui ne se répercutait pas, espace ouvert oblige. Enfin la monotonie de la marche eut raison de son attention; son esprit dériva, sa vigilance remonta de ses pieds, couru dans ses jambes, traversa son torse et vint se fixer dans ses yeux.

C’est alors qu’il se mit à voir le monde qui l’entourait. D’abord, il vit la rue, tranquille mais aussi vide, probablement victime du temps gris et humide. De temps en temps y passait une voiture; presque toujours, elle roulait trop vite. Son regard se faufila à travers les plates-bandes des voisins. Certaines étaient négligées, d’autres fleuries, ou encore clairsemées de déchets, ces laissés-pour-compte de la fonte des neiges. Un vélo rouillé encore arrimé à une clôture côtoyait un bac de recyclage oublié. Quelques pas plus loin, les branches d’une haie s’avancèrent vers lui, cherchant un peu de réconfort dans les mailles de son gilet.

Ses yeux, confortés dans leur curiosité, se mirent à écumer les fenêtres pour en extraire des émotions fortes. Surpris par une nouvelle sensation, il se fit désarçonner à la première tentative par un chat enjôleur. Il se pencha pour lui asséner une caresse, puis reprit sa quête. Un téléviseur allumé attira son attention. L’écran, bien qu’indéchiffrable, lui renvoyait des couleurs chatoyantes qui le firent sourire. Une autre fenêtre donnait sur une cuisine, où une famille s’apprêtait à entamer le repas du soir. Enfin, captivé par un couple de personnes âgées en proie à une discussion désinvolte, il s’aperçut un peu tard qu’une ménagère le fixait depuis son balcon, au troisième étage. Il détourna la tête, gêné de s’être fait surprendre dans ses intrusions visuelles.

Montant le volume de sa musique, il accéléra le pas et se rappela soudain de l’effort que fournissaient ses jambes pour le mouvoir. Reconnaissant envers leur dévotion, il permit à son pied gauche de rosser un gros caillou immobile. Il leva la tête; déjà, il avait atteint le coin de la rue. Il tourna vers la gauche et s’immobilisa près de l’arrêt d’autobus. Il croisa un passant qui promenait son chien, à qui il fit une grimace pendant que le maître regardait ailleurs.

Il tapait du pied quand l’autobus arriva. Il enjamba la distance qui le séparait de la plateforme, et alors qu’il s’engouffrait dans l’habitacle, sa chanson préférée débuta.



lundi 18 avril 2011

la fin de session, ou comment expier sa joie

c’est une véritable explosion de joie qui se produit dans ma tête. Jamais j’aurais pu croire que terminer deux stupides travaux puisse me rendre aussi euphorique. J’aime tout ce qui m’entoure : les chats qui lèguent leurs poils à mon lit; la bière qui est SI bonne, même si le besoin de se rafraîchir est inexistant (non mais regardez par la fenêtre, c’est ridicule comme il fait gris); la musique qui remplit mes oreilles est absolument géniale. Et puis il faut dire que j’ai été d’une efficacité crasse, puisqu’en plus de faire lesdits travaux, j’ai retrouvé le plancher de ma chambre, qui ne semblait exister que par le phénomène de gravité; j’ai fait non pas une, mais bien deux brassées de lavage; j’ai passé le balais; j’ai vidé la litière (et Black Sabbath s’est fait un plaisir de l’inaugurer, trois fois plutôt qu’une); j’ai lavé la vaisselle et j’ai même ajouté quelques items qui n’avaient pas été salis par moi!; et puis j’ai fait une réservation pour cette visite du silo #5 pour laquelle j’avais été sur une liste d’attente pendant des mois. Enfin j’ai planifié le jour qui viendra, en commençant par un sympathique souper, puis une douce nuit où j’étudierai le concept allemand de AUSSCHLAFEN (qui se traduirait par « dormir jusqu’à plus soif »), demain je vais remettre les travaux sans même y jeter un regard, prendre des livres plaisants à la bibliothèque (et rapporter les malcommodes), visiter le bazar SENS, puis boire de la sangria sur mon balcon (ou dans ma cuisine, j’attend encore la réponse de mère nature là-dessus) avec au moins 2 des personnes les plus cool qui soit, et je vais être tellement encore plus en vacances! que j’irai travailler mercredi…

dimanche 3 avril 2011

cette photo

Cette photo… tu te souviens?

J’avais cherché pendant des semaines le cadeau idéal. Traîneau à chien ce serait. Faire les réservations. Quoi mettre sous le sapin? J’avais fait un de mes horribles dessins que tu aimes tant, où nous glissions à travers la forêt tirés par nos chiens-qui-avaient-l’air-de-chats. Bon ok, t’avais pas compris du premier coup. C’est vrai que ces chiens, ils avaient pas l’air de chiens. D’un coup ton regard s’était éclairé. J’étais si contente à l’idée de t’offrir une balade inoubliable!

Le jour venu, nous nous étions levés tôt. À Saint-Sauveur, nous nous étions arrêtés à l’épicerie pour acheter quelque chose à grignoter. J’avais pris des berries et du Brio, t’avais trouvé ça dégueulasse, tu te souviens? Comme d’habitude, j’étais stressée, j’avais peur d’arriver en retard, mais on était arrivé à l’heure. Il faisait gris, il faisait doux, il ne neigeait pas. Les chiens hurlaient, c’était un peu effrayant, mais les gens étaient chaleureux, il y avait aussi ces Allemands avec qui tu avais jasé. Après une courte pratique on s’était élancé sur les pistes. Mes chiens étaient beaucoup trop agités, ils tiraient même quand on devait arrêter, je n’étais pas assez lourde pour les freiner! Et toi, tu en avais perdu un, juste comme ça, en plein milieu du parcours.

Cette photo, nous l’avions prise quelques minutes avant, avec les derniers soubresauts d’énergie de ta caméra. Regarde comme on sourit! Elle est mal cadrée, nous dans un coin, la forêt au milieu, et un bout de traîneau à gauche. C’est tout de même une de mes préférées. L’ivresse de la course avait teinté nos joues d’un bonheur simple et contagieux.

On était rentré au bercail, épuisés. La nuit était déjà tombée. Après, je ne me souviens plus.

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Plus d’un an s’est écoulé depuis cette journée.

Pas un jour ne passe sans que mon regard n’effleure toutes ces photos de nous, tous ces sourires, ces grimaces, ces petits évènements qui ont marqué notre histoire. Pour chacun que nous avons immortalisé, combien de ces moments y a-t-il eu?

Je voulais seulement te glisser un mot sur cette photo de nous, en ce jour d’hiver, où nous étions heureux, et te dire que je pense à toi.

lundi 14 mars 2011

tes essais

Tu ouvriras les yeux et chercheras le réveil. L’heure te sera révélée, tu seras satisfait. Avant de refermer les paupières, ton regard croisera la bibliothèque de chêne, les rideaux de voile, le jeu des rayons de lumière dans la poussière en suspension. Le matelas moelleux te remontera la commissure des lèvres et te plissera les yeux : un sourire comblé, bien vite estompé.

Le second réveil sera le bon; tu auras voulu te lever plus tôt, comme d’habitude. Tu descendras à la cuisine, le café sera déjà prêt. Son odeur se mêlera aux effluves du printemps quand tu ouvriras la porte. Par réflexe, tu regarderas dans la boîte aux lettres, et elle sera vide. Tu t’assoiras à la table, le journal n’y sera pas. Ce n’est pas grave; tu auras toujours aimé laisser voyager tes pensées, surtout le matin, surtout dans cette pièce que la lumière inonde.

Il n’aura pas fallu que tu t’attèles à la tâche si vite. Tu l’auras pourtant fait pour lui faire plaisir. Mais tu ne seras pas prêt, et quand tu ouvriras tous ces vieux cartons, les souvenirs t’assailliront. Des boîtes et des boîtes remplies de ta vie, de la sienne, de la vôtre. Tels des soldats, les mémoires grimperont sur tes jambes agenouillées, sur tes cuisses, sur tes bras, et enfonceront leurs lances cuisantes dans ta poitrine jusqu’à en extirper de douloureux sentiments. Tu l’auras aimé jusqu’au bout, mais auras oublié qu’elle était partie depuis déjà longtemps.

Lentement, tu remettras tous les objets en ordre. D’une caresse du pouce tu feras tes adieux aux photos, aux lettres, aux artefacts hétéroclites qui peuplaient votre quotidien, aux ex-voto sacrifiés à l’autel de votre amour. Le couvercle s’ajustera parfaitement, comme toujours. Tu rangeras les caisses dans la penderie, à côté de ses chapeaux, jetant un regard tendre vers sa collection de chaussures si bien alignée.

Tu iras finir ton café sur le sofa du salon, recroquevillé, pensif. Tes yeux se perdront dans le vague et effleureront la table basse, les coussins de jacquard, la cantonnière assortie, la tapisserie fanée. La nuit tombera et te prendra par surprise. Fermer la cafetière, grignoter un morceau. Une autre journée à rêvasser. Tu auras voulu faire mieux; demain, tu seras plus efficace. Demain, tu iras faire le ménage de ces boîtes dans lesquelles elle t’aura demandé de jeter un œil.

Tu te mettras au lit dans ton pyjama de soie bleu; c’aura été son préféré, d’aussi loin que tu te souviendras. Tu fermeras les yeux et respireras un bon coup les draps légers. Le sommeil ne tardera pas à venir, et tu auras une pensée pour le jour qui s’annonce. Tu sauras déjà que tu traineras au lit, pour la forme. Puis…

jeudi 17 février 2011

les p'tits pains sauveurs de couple

-Chéri, j’ai faim.

-Moi aussi, j’ai hâte qu’ils viennent prendre notre commande. Au moins y’a des p’tits pains.

[Il prend un pain, l’ouvre en deux moitiés, et commence à les beurrer.]

-Mmm c’est bon, des p’tits pains.

[Elle vole une bouchée sur le morceau qu’il mange.]

« C’est vrai que c’est bon », pense-t-elle. « J’vais prendre sa deuxième moitié. Si j’en mange un au complet, j’me connais, j’aurai pu faim pour le repas. »

[Elle lui vole l’autre moitié et prend une bouchée. Il la regarde de travers, reprend le pain et le met presqu’au complet dans sa bouche. Elle le regarde, étonnée.]

-Mais j’ai faim! Pourquoi tu veux pas partager avec moi?

-C’est MON pain. Prends-en un autre si tu veux, y’en a plein.

-Mais j’en veux pas un complet, c’est trop. Come on, t’es poche, t’aurais pu me donner un bout!

[Tout à coup, un demi-pain apparaît de nulle-part, ou presque : la main de Daniel y est encore attaché.]

- Tiens, prend ma moitié, j'en voulais pas un au complet de toute façon.

-Oh wow, merci Daniel, toi au moins t’es fin, pis en plus, tu viens de sauver notre couple!

[Fin de la chicane.]

mercredi 9 février 2011

Spécimen #3: la souffleuse


Je suis un danger public.

Vous tournez le dos, et hop! j’ai déjà tué votre chien. Ne laissez surtout pas mamie sans surveillance…

Mes mâchoires d’acier broient tout ce qui leur tombe sous la dent, sans aucun scrupule. Je hais les gens qui se me barrent la route, et ma vengeance n’est jamais très loin. Vous avez déjà vu ma tête dans les journaux sous la rubrique « recherchés ». Je suis une criminelle du grand chemin, de l’avenue commerciale et de la rue tranquille. Ah! Comme il est doux de lire la peur dans tous ces petits yeux lorsque j’active ma spirale infernale…

Mais un jour, on m’a surpris en flagrant délit. J’étais libre et puissante, on m’a réduite à l’esclavage, on m’a mariée de force. Attelée à longueur de journée avec un camion abrutissant, je roule tranquillement, inexorablement, à travers les rues de la ville, une après l’autre, après l’autre, après l’autre… Si ce n’était que ça, ce ne serait pas si pire! Mais je dois continuellement me taper le discours de Big Benne sur sa sainte de mère et ses rêves brisés, ses idiotes déclarations d’amour et les railleries des collègues sur notre effarante liaison. Lorsque je mets tout mon cœur et toutes mes énergies à mâcher, broyer et recracher cette neige, c’est ma rage que j’exprime et que j’expie! Seulement, ces mastodontes sont aveugles devant mes tendances destructrices et ne font que me féliciter bêtement pour mon travail impeccable. Seule la gratte comprend la fureur sourde qui gronde dans mes entrailles, elle qui savoure en silence le pouvoir que lui procure sa force. Peut-être un jour nous unirons-nous pour recréer un monde meilleur ailleurs, là où la nourriture est abondante et les automobilistes, croquant sous la dent?

J’endors les soupçons avec de beaux discours sur les bienfaits du vivre-ensemble, les ravissements de la collectivité et les plaisirs de la camaraderie. Je mange mes émotions, je choisis mes combats, mais surtout, je planifie ma libération. Je sais que les regards sont braqués sur moi, moi la folle, l’abatteuse de travail, l’abatteuse tout court. Les rumeurs courent dans mon dos, j’en viendrai à bout, je les manipulerai et les mènerai tous en bateau, ils ne verront rien venir!...

En attendant, je rentre dans le rang. Parfois j’échappe à leur surveillance, et je rêve d’un accident, d’un tout petit et tout bête accident… disons, d’une jambe… un bras?... enfin, du sang…

dimanche 6 février 2011

Spécimen #2: Big Benne


Je mange parce que je m’ennuie.

Vous savez, la vie, quand on est gros, lourdaud, maladroit, lent, elle peut sembler bien longue. Alors quand on m’offre quelque chose à faire, ne serait-ce que manger dla neige, ben je le fais. Mon amoureuse me dit que c’est pour le bien de la collectivité. Pis, de toute façon, dans l’équipe, faut bien que quelqu’un fasse la job. Eux, ils ont tous des pelles, des grattes, des accessoires mécaniques sophistiqués. Ils m’impressionnent. Moi ma seule caractéristique c’est d’avoir un gros appétit…

Alors c’est avec lassitude que jour après jour, je mène mon petit bout de chemin. Je me contente de peu : la présence de ma tendre moitié, la douceur de la neige fraîche, et l’action de la ville. Avec un peu de chance, j’aurai droit à une retraite à la campagne, loin du stress de la voirie, et je transporterai de la terre, du sable et du gravier.

Quand j’étais jeune, je voulais être un camion-citerne. Je me voyais déjà, le ventre plein d’essence, transportant une cargaison d’une importance vitale pour mes collègues. On me vouerait le respect; on s’écarterait à mon passage. Mais mon père m’a toujours dit que j’étais pas mieux que lui, et que forcément je suivrais ses traces : camion à vidanges… Malgré tous mes efforts, je suis devenu trop gros, trop vite, et mon physique ingrat a ruiné mes chances dans le transport de matières dangereuses. À défaut de quoi je me retrouve maintenant chauffeur pour résidus de tempêtes.

Certes, c’est tout de même pas si mal. Je suis utile, mettons, 5 mois par année. Je fais partie d’une équipe solidaire : on travaille ensemble, sur les mêmes rues, sur les mêmes bancs de neige. On s’entraide, et je suis content d’avoir trouvé une famille qui m’aime, même s’ils m’appellent Big Benne. Ça j’aime moins par exemple. Je reste stoïque, mais je peux pas m’empêcher d’avoir une pensée pour ma mère, si douce, si gentille, si dévouée, qui m’a toujours appris à me tenir sur mes 22 roues pour mes droits. Si elle me voyait maintenant… Elle était le plus beau camion de recyclage de toute la ville, mais un accident atroce l’a défigurée, et son corps a été tellement mutilé qu’ils ont du l’envoyer à la fourrière en pièces détachées, elle, la grande écologiste. Elle me manque, même si je sais qu’elle n’approuverait pas la vie que je mène. Après tout, ma femme est une ordure…